Le processus artistique a toujours intrigué. Et lorsque l’occasion se prête à regarder l’activité cérébrale d’un artiste en plein création, mondialement connu qui plus est,  cela peut donner lieu à des expériences neurologiques aux résultats plutôt surprenants.

Les circonstances de la rencontre 

C’est la publication d’un livre intitulé  « This is your brain on music, the science of a human obsession”  sorti en 2006 par le Professeur Daniel Levitin, et que le chanteur anglais a visiblement beaucoup apprécié, qui a permis la rencontre de ces deux personnalités.  Contacté par Sting, le Pr Daniel Levitin de l’université de McGill (Montréal) a profité d’un concert à Montréal pour lui proposer de soumettre à quelques exercices. Son cerveau serait alors connecté à l’impressionnante machine IRMF.

Secondé par son collègue le Pr Scott Grafton de l’Université de Californie à Santa Barbara, les deux scientifiques ont demandé à Sting de se prêter à une série d’exercices d’écoute et de composition musicale pendant qu’ils mesuraient son activité cérébrale.  Le résultat, pour le moins surprenant, a été publié dans la revue Neurocase.

Au programme : des expériences de composition d’écriture, d’écoute et de reproduction mentale de musique.

La première expérience était directement liée à la création musicale. On a demandé à l’ex-chanteur de Police de composer une fraction de compo originale, puis la mélodie dans un second temps, le rythme ensuite et de nouveau un rythme et une mélodie, le début d’une prose en concluant pour l’imagination d’une œuvre visuelle. L’objectif étant de comparer ces différents exercices à d’autres activités plus communes.

S’en est suivi une seconde expérience qui consistait à lui faire écouter 10 musiques connues (issues de  cette selection) pendant quelques secondes et de lui demander de la reproduire mentalement.

Pour finir, on a procédé à une « simple » séance d’écoute de titres issus de la précédente liste. L’objectif étant d’étudier les modes d’association du cerceau pour des musiques de genre différents.

« Ces techniques de pointe nous ont littéralement permis de cartographier l’organisation de la musique dans le cerveau de Sting »  Dr Levitin

Interprétations 

L’analyse des données IRMF de cette batterie de tests s’est faite avec des méthodes de classement ayant pour but de faire émerger des « schémas d’activation », c’est-à-dire des circuits mettant en connexion plusieurs groupes de neurones situés à des endroits différents et d’en trouver des ressemblances.

Ce fut le cas par exemple lorsque des schémas d’activation identiques se sont déclenchés pour des musiques à priori bien différentes, notamment pour le titre Libertango, de Piazzolla, et Girl, des Beatles.

 

 

Lors de l’expérience de composition, les résultats ont fait ressortir  que la composition de la mélodie primait sur celle de la rythmique. Quant à l’exercice d’écoute, il n’a pas fait ressortir de différence fondamentale, entre l’écoute et la reproduction mentale d’une mélodie.

La conclusion à retenir également, c’est qu’il s’agit d’une expérience « isolée » par conséquent  qui nécessiterait des études en plus grand nombre pour commencer à pouvoir déceler l’immensité des trésors que le cerveau des artistes est capable de nous livrer.

 

 

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