« Entrevues » est le rendez-vous des acteurs qui combinent marques et musique. Pour notre interview du mois de juin, nous sommes allés à la rencontre du très prometteur compositeur, producteur et DJ Lecomte de Brégeot (aka Yannick Lecomte, de son vrai nom).

Ce passionné de musique électronique, depuis le plus jeune âge, affiche dès ses débuts une volonté de conjuguer sonorités passées et contemporaines. Le résultat est sans appel ! Entraînantes, entêtantes, captivantes, voilà autant d’adjectifs que l’on pourrait attribuer à ses compositions.

Si ce mois-ci nous avons fait appel à lui, c’est car réside dans sa musique une vraie identité sonore.

 

# L’EDS – Bonjour Yannick, merci de nous accorder un peu de ton temps !
Comme tu le sais, une fois par mois, nous donnons la parole à des acteurs qui combinent marques et musique. Même si de ton côté tu n’as pas encore collaboré avec une marque, nous avons voulu faire une exception et t’interviewer sur ta vision, en tant qu’artiste, sur ce nouvel ancrage.

Peux-tu nous en dire quelques mots ?

Yannick – La création d’une image de marque doit, à mon sens, passer par une démarche créative différenciante suscitant un sentiment d’adhésion à l’égard du public.
La musique est un message qui parle à tous. Mais elle a aussi ses codes, ses spécificités et sa diversité et ne touchera pas toutes les sensibilités de la même manière. C’est donc un bon outil pour les marques pour toucher son public, l’interpeller et lui transmettre un message.

Du côté des artistes, je pense que c’est aussi un nouveau vecteur de développement et de notoriété lorsque l’association est bien réalisée.
 

# L’EDS – Toi qui vient de l’univers électro underground, comment peux-tu expliquer que des artistes tels que Mooydman ou Mr Oizo aillent jusqu’à prêter leur image à des marques ?

Yannick – La musique électronique s’est largement démocratisée ces dernières années. De musique de niche elle est passée à populaire; en témoigne le nombre de publicités où elle a su trouver sa place.

Dans cette mesure, je comprends tout à fait que des marques se saisissent des meilleurs artistes électro, tel que Mr Oizo et Moodyman. Maintenant, dire de ce qui a pu motiver ces artistes dans leurs choix de collaboration ça leur est personnel… Mais de mon point de vue de musicien, s’ouvrir à de nouveaux horizons est un enrichissement. Mêler ses compositions à l’univers d’une marque, notamment dans le cadre d’une publicité, permet de partager avec le public un esthétique visuel et sonore qui n’aurait pas eu autant de résonance si la musique n’avait pas rencontrée pas l’image.
 

# L’EDS – Dans une interview de Rone pour les Inrocks, réalisée en 2015, le journaliste et l’artiste se sont penchés sur la question de l’underground moderne ; et il en est ressorti que ce dernier était devenu un mythe, une étiquette, un concept ayant perdu son sens au fil du temps.

Comment vois-tu les choses de ton côté ? Et penses-tu que underground d’aujourd’hui et collaboration avec les marques sont deux choses antinomiques ?

Yannick – Je rejoins en grande partie le point de vue de Rone. Pour ma part, je pense que l’underground est avant tout lié à la temporalité. L’underground d’hier n’est pas celui d’aujourd’hui car le temps a fait évoluer les codes, ce qui a rendu possible une globalisation de cette culture.

Je pense que cela s’applique dans l’univers artistique au sens large, autant dans la musique, que la peinture, le cinéma ou la mode. À mon avis, underground et marque peuvent très bien se rencontrer c’est juste une question de période .
 

# L’EDS – Pour en revenir à ton projet, quand on écoute ta musique, quand on s’attarde à ton univers, l’esthétique globale de ton travail, on voit tout de suite qu’il y a une cohérence entre ton identité sonore et visuelle. Est-ce que tu peux-nous en dire un peu plus là-dessus ?

Yannick – La musique traduit mes ressentis du moment, mes émotions, c’est quelque chose de très instinctif. L’image est venue se lier au projet de manière assez naturelle mais c’est plus la traduction d’un goût et d’une sensibilité personnelle pour un univers visuel. Au final il est normal que les deux cohabitent de manière assez cohérente puisqu’elles traduisent une part de moi.

Ce sont deux perspectives qui vont de pair et sur lesquelles j’aime travailler par une approche globale. C’est un peu comme pour les marques, j’imagine, où identité sonore et visuelle doivent-être cohérentes pour qu’il y ait du sens…

Par ailleurs nous sommes justement actuellement en pleine construction de l’identité de mon prochain Ep .
 

# L’EDS – Si demain une marque souhaite collaborer avec toi, quels devront-être les critères pour que tu acceptes ?

Yannick – Un univers, une démarche artistique qui me parle et dont je me sens proche, tout simplement.
 

# L’EDS – Enfin pour terminer, peux-tu nous donner LE titre que tu peux écouter en boucle.

Yannick – C’est difficile il y en à beaucoup ! (Rires)
Ce matin, c’est le titre « New York, i love you but you’re bringing me down » de LCD Soundsystem.

 

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© Photos Sofa : Frédéric Boivin
 
 
 

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